Niccolò Niccoli ne se contentait pas de lire les classiques. Il les a traqués. Il les a copiés. Il en discutait avec quiconque voulait bien l’écouter. Né vers 1364 à Florence, il y meurt le 3 février 1437. Mais son héritage ne se compte pas en dates. C’est ce que l’on retrouve dans l’encre des pages de textes anciens.
Il était riche. C’était un humaniste. Et il était obsédé par les antiquités.
Dans l’Italie du XVe siècle, un goût pour le monde antique se forme. Il lui fallait des architectes. Il lui fallait des peintres. Il lui fallait des collectionneurs. Niccoli a fourni le carburant. Sa bibliothèque de manuscrits classiques et sa collection d’objets d’art anciens ont contribué à définir ce que « beau » signifiait pour une génération.
Le cercle Médicis et le drame intellectuel
On ne peut pas parler de Niccoli sans parler de Cosme de Médicis. Niccoli était une figure centrale de ce cercle restreint d’érudits. Mais il n’était pas qu’un partisan passif. C’était un provocateur.
Ses querelles intellectuelles avec d’autres humanistes de renom ont fait sensation. Les gens parlaient. Les érudits prenaient parti. C’étaient les potins de la Renaissance, sauf que ces potins concernaient la grammaire, la philosophie et l’authenticité des textes.
L’influence de Niccoli n’était pas seulement sociale. C’était textuel. Il a passé sa vie à réparer des livres cassés.
L’homme qui a corrigé le latin
Comment avons-nous obtenu des versions précises de Lucrèce ou de Plaute ? Une partie de la réponse réside dans la main de Niccoli.
Son principal service à la littérature classique fut méticuleux. Il ne se contentait pas de lire des manuscrits anciens. Il les a copiés. Il les a rassemblés. Il a corrigé les textes. Si un scribe avait commis une erreur trois cents ans auparavant, Niccoli l’avait repérée. Il a introduit des divisions de chapitres là où il n’y en avait pas. Il a fait des tables des matières. Cela semble ennuyeux. C’était révolutionnaire.
Bon nombre des manuscrits les plus précieux de la Bibliothèque Laurentienne de Florence sont de sa main. Cela inclut les œuvres de Lucrèce. Il comprend également douze comédies de Plaute. Ce n’étaient pas des tirages bon marché. C’étaient des objets précieux, préservés et polis par la plume soignée de Niccoli.
Sa bibliothèque privée était la plus grande et la meilleure de Florence.
L’origine du type italique
On attribue souvent aux imprimeurs la naissance des caractères italiques. Nous ne devrions pas. Nous devrions regarder la calligraphie de Niccoli.
C’était un calligraphe accompli. Son style était légèrement incliné. Il l’appelait antica corsiva. C’était élégant. C’était compact. C’était lisible.
Cette écriture a influencé le développement de la typographie italique. Lorsque les imprimeurs ont finalement découpé du métal pour représenter sa main, le résultat a été une nouvelle façon de lire. La police italique que nous utilisons aujourd’hui pour mettre l’accent ? Cela existe parce que Niccoli aimait écrire de biais.
Il collectionnait également des pièces de monnaie. Médailles. Œuvres d’art anciennes. C’était une petite collection, mais importante. Chaque pièce ajoutait à la gravité culturelle de Florence.
Niccoli est mort en 1437. Les livres qu’il a conservés sont toujours là. Les lettres qu’il a perfectionnées sont toujours imprimées. Les arguments qu’il a lancés trouvent encore des échos dans les couloirs du monde universitaire. Il voulait que le passé soit clair. Il l’a fait ainsi.
Savait-il qu’il créait le monde moderne ? Probablement pas. Il aimait juste une bonne écriture